19.04.2008
Just Vogue
Ce titre ne saurait mieux tomber, en ce qu'il fait référence et au nom même de ce blog et à Madonna dont le nouvel album, Hard Candy, sort la semaine prochaine. Je n'ai jamais été un vrai fan de Mado, trop froide et trop parfaite pour que je puisse réellement m'y attacher, en revanche, sa musique ne m'a jamais déçu. Même les deux albums généralement considérés comme ses moins bons (Bedtime Stories et Erotica) trouvent grâce à mes yeux. Etrangement, ses disques plus récents, de Ray of Light à American Life, ont mis beaucoup plus de temps à me convaincre, la faute sans doute aux mélodies atypiques de Mirways ou de William Orbit que mon oreille bubble-pop n'a pas appréciées aux premières écoutes. Quant à Confessions on a Dancefloor, il compte au nombre des CD que j'ai le plus attendus, tant Hung Up (et ce petit blouson en cuir très ajusté qu'elle porte à 3'11 dans le clip, juste avant d'entrer dans le club) m'avait épaté. Au moment où sort, donc, Hard Candy, je ne sais pas trop quoi penser. Comme tout le monde, l'annonce, l'été dernier, de sa collaboration avec Timbaland ne m'a pas enchanté et les premiers leaks, Candy Shop et The Beat Goes On (produits par le ringard Pharrell Williams), se sont révélés affligeants. Fin mars, le premier single, que l'on ne connaissait que sous la forme d'un radio rip pourri parasité par les beuglements du DJ de Radio FG, est sorti officiellement. 4 Minutes (To Save The World), malgré ses airs cacophoniques et dissonants, m'a très vite conquis et est d'ores et déjà le plus gros tube de Madge aux USA depuis Music (que je hais avec passion, soit dit en passant). Certes, le titre ressemble davantage à un morceau de Justin, mais le refrain est vraiment chouette (j'aime beaucoup la voix de Timberlake, flûtée et nerveuse, qui m'évoque celle d'un personnage de cartoon) et les 'Keep it up, keep it up, Ma-dooo-nna' sont un des plus grands moments musicaux du siècle (juste derrière 'It's Britney, bitch', en fait). J'irai même jusqu'à affirmer que la voix de Mado sur les couplets, très Madame Claude ( cf. ce très glauque et nasillard 'The road to Hell is paved with good intentions...'), donne un caractère et une fraîcheur à la chanson que sa production timbalandienne ne garantissait pas. Il est patent que cet album, le dernier de Mado chez Warner, vise à lui attirer les faveurs d'un public américain qui la boude relativement depuis son délire anti-Bush de 2003, et des titres comme Candy Shop (minimaliste) ou surtout, Give It 2 Me (kitsch et déjanté), sont en effet résolument radio US-friendly. La promotion est encore modeste mais je ne me fais pas de soucis quant au succès d'Hard Candy, tant la mécanique qui avait accompagné la sortie de Confessions... était bien huilée. L'intronisation de Madge au Rock'n'Roll Hall of Fame a été l'introduction parfaite à cette nouvelle ère musicale. Elle y est apparue le regard figé par ce lifting du contour des yeux qui, à mon sens, ne s'imposait pas et qui, paradoxalement, met l'accent sur sa cinquantaine approchante. Ce bouffon de Justin -j'ai de plus en plus de mal avec ce petit con geignard- a prononcé un discours en l'honneur de sa nouvelle BFF, discours mesquin et manquant singulièrement de classe. Britney en a évidemment pris plein la gueule (un truc du genre 'The world is filled with Madonna's wannabes. I may even have dated a couple'), six ans(!) après leur rupture, d'où ce cri que je lance à Timberlake: GET OVER IT! Et vous m'excuserez, mais traiter B. de wannabe quand on est soi-même une copie de Michael Jackson et que la wannabe en question a fait un duo avec Mado quatre ans plus tôt, c'est limite. Justin a d'ailleurs l'air en petite forme dans le clip de 4 Minutes, réalisé par les très hype (ou pas) Jonas & François, à qui l'on doit le D.A.N.C.E de Justice. Cette vidéo étrange met en scène la Mado, traits tirés (littéralement), en train de se contorsionner au sol sous le regard perplexe de Just
in, qui semble être là un peu par hasard. Warner, qui ne recule devant aucune facétie marketing, a lancé le clip de 4 Minutes le 4 avril à 4:44, peu après avoir mis en ligne ce site-buzz parfaitement inutile. Côté image, Madonna a frappé fort avec le photoshoot officiel de l'album. Sur la pochette, elle apparaît ainsi jambes écartées (les a-t-elle jamais fermées?), vêtue d'une tenue de boxeuse chic magnifiée (?) par la ceinture M-Dolla créée par Dolce & Gabbana. J'ai eu un peu de mal avec tout ce mauvais goût, jusqu'à ce que je vois le teaser de l'album, très second degré. Les photos illustrant l'interview du Elle français sont, elles, très belles. La première moitié de Hard Candy a filtré ce dimanche et, pour l'instant, je suis déçu, même par les chansons qualifiées de pop (Heartbeat et Miles Away), très quelconques. Mais qu'importe, je sais que je finirai par toutes les écouter en boucle... Non, ce qui m'agace foncièrement avec Madonna, et ce de plus en plus, c'est cette posture de sage, d'intellectuelle-superstar qu'elle se donne. Misère, ses récents entretiens avec la presse américaine sont moralisateurs (tout ça parce qu'elle a acheté un petit Africain) et suffisants. Je ne lui reproche pas son arrogance, au contraire, une popstar doit l'être, mais ne confondons pas tout... Je ne vais pas suivre les conseils d'une vieille folle qui balance deux noms de sombres penseurs aux journalistes -sans en préciser les idées- pour se la jouer smartass. Mado darling, que ce soit clair entre nous.
Mariah se prend elle aussi pour un cerveau! Je pensais qu'elle n'oserait jamais utiliser ainsi ses initiales, mais elle l'a fait: E=MC² est disponible depuis quelques jours et promet de dépasser les 500,000 exemplaires vendus en première semaine aux Etats-Unis. Ce détournement inepte d'Einstein, Mariah l'a justifié ainsi: Emancipation=Mariah Carey ². Je vous jure que je n'invente rien. Avec un titre aussi stupide, je n'ai pas vraiment réussi à prendre l'album au sérieux dont n'émergent que le premier single, au clip amusant, Touch my body (sans façons, Mimi!), le très rétro I'll be loving you long time et la ballade plutôt sobre For the record. Les critiques retiennent surtout Migrate, à la mélodie effectivement envoûtante mais, Seigneur, qu'est ce qu'elle est chiante! Je redoute l'arrivée de Bye Bye, mid-tempo racoleur sur la mort, en single... J'imagine à peine le clip! Je mentionnerai pour finir la piste Side Effects, où Mariah parle de son mariage avec Tommy Mottola, qu'elle a également évoqué dans la presse. Incroyable la façon dont il a essayé de détruire la carrière de Carey! Elle le faisait déjà toute seule! En somme, E=MC² risque de se vendre comme des petits pains outre-Atlantique tandis que le Discipline de Janet s'y vautre encore plus que les deux précédents. Cet album est, pourtant, de très bonne qualité et il est regrettable que le single Rock With U, étonnamment électro, soit soutenu par un clip si cheap, malgré le recours au plan séquence. Je ne dirai rien du choix de Can't B Good en troisième extrait, tant cette ballade mollassonne paraît plagiée sur celles de son frère. Que devient Luv dans tout ça? Pour une fois que Ne-Yo nous pond quelque chose de correct! Pauvre, malheureuse Janet, qui pensait (et moi aussi) se racheter une image, souillée par le Superbowl 2004, en revenant au look afro-sexy qu'elle avait jusqu'à All For You. Las! En guise d'oraison funèbre d'une carrière que je vois vraiment, vraiment mal redécoller après trois flops consécutifs, je vous propose cet interview de Janet au Tyra Banks Show. Tyra, cet hilarant ex-top (modèle récurrent pour Victoria's Secret) reconvertie en animatrice de talk-show, a vraiment le sens de la formule. Ainsi conseille-t-elle à Janet (qui paraît stone H24) de prendre un air 'bored, upset and better than everybody' pour défiler comme une pro. Je ne l'aurais pas mieux résumé!
Vous le voyez bien, les grandes divas des années 90 galèrent toutes plus ou moins. Ce n'est pas Britney qui va leur faire de l'ombre, pour l'instant du moins. Merci de ne pas me parler du clip-manga promouvant le troisième single de Blackout, Break the Ice. La chanson n'a rien d'exceptionnelle mais elle est très plaisante, en particulier quand Jason Nevins la remixe. J'ai honte de l'écrire, après avoir fait des offrandes à tout ce que la Terre compte de dieux pour que B. aille mieux, mais à présent qu'elle a un train de vie normal, Ciel ce qu'elle m'ennuie! D'autant plus que si c'est pour aller à la gym, en studio, chez le coiffeur (je n’étais pas fan du look Lisa-Marie Presley de février), donner des cours de danse à des enfants et continuer d'arborer ces extensions graisseuses, ce double menton proéminent et ce bidon suspect, moi je dis, retourne donc montrer ton pikachu à tous les paparazzis Brit, qu’on rigole un peu! Son rabibochage avec Larry Rudolf, son manager de toujours, m'a fait espérer quelque chose de concret, mais rien sinon des rumeurs fumeuses de ré-édition de l'album ou de tournée (genre!). A sa décharge, je l'ai trouvée craquante dans How I Met Your Mother, où elle a joué le temps d'un épisode le rôle d'une secrétaire médicale barrée. Certaines de ses répliques sont un peu poussives ('When people yell at me, I have a tendancy to cry') mais, dans l'ensemble, elle est chouchou.Je suis dégoûté qu'ils aient coupé, au montage final, cette ligne que je pourrais m'approprier: 'Oh my God! I totally have to update my Facebook relationship status! Wou-hoo!'. Cette réplique semble anodine mais, à mon avis, elle met en évidence le narcissisme pervers de Facebook, qui nous pousserait presque à vivre des choses pour la seule satisfaction de les mettre en ligne. Non, je ne suis pas le seul à faire ça. Vous ne vous en rendez juste pas compte. Une chose est sûre : Britney inspire tout le monde, je pense par exemple à cet article publié dans The Guardian. J’aime beaucoup la manie qu’ont ces journalistes ‘sérieux’ de faire de la pauvre fille un symbole de tous les travers du monde pour légitimer leur récit.
Drôle: la colère historique de Christina Aguilera en apprenant que les ventes de People avec elle et son rejeton en couverture ont été inférieures à celles du numéro où figuraient Nicole Richie et son bébé! Aguilera is so over. Comme J. Lo d'ailleurs. Elle aussi a accouché récemment (décidément!), mais de jumeaux... Lopez a naturellement eu droit aux honneurs d'une couverture, qu'elle a partagée avec son loser de mari, Marc Anthony. On a rarement vu plus gay que lui! A part ceci. En parlant de gayness: M. Pokora à la une de Têtu, ou une starlette ringarde (gros flop de son fameux album-produit-par-Timbaland) pour un magazine non moins has-been. Mais où se cache donc la hype, en 2008? Je suis assez inquiet, pour ne rien vous cacher, parce que l'année n'a pas été riche en trouvailles jusqu'à présent. Je danse tout seul sur Acceptable in the 80's du brillant Calvin Harris (brillant, sauf lorsqu'il bosse pour Kylie) et sur Flashing Lights de Kanye West (l'instru est gigantesque). Je me plais à écouter Yelle, que j'avais snobée l'an dernier, lorsqu'avait commencé le buzz autour de Je veux te voir. J'aime beaucoup fredonner le refrain des Femmes ou d'A Cause des Garçons, qui l'eût cru? Il y a tout un tas de chanteuses françaises qui débarquent, de toute façon, et vu que je ne regarde plus la télé depuis plus de cinq ans, je suis toujours largué sur ce que nous proposent les émissions de télé-réalité. Genre, cette Sheryfa Luna, qui a gagné Popstars, je ne comprends pas trop l'engouement. Ou Gaëtane Abrial, de la Nouvelle Star. J'ai parcouru son album, Cheyenne Songs, et c'est sans doute très sympa mais je suis allergique à ce style trop cool pour l'être vraiment. Téléchargé plus récemment encore, le disque très frais de Little: je me suis un peu ennuyé à l'écoute. Peut-être est-ce à cause de la langue ? Les mêmes (ou presque) airs pop-folk chantés en anglais passent beaucoup mieux ; je pense notamment à cette étonnante Colbie Caillat voire à Amy Diamond et son Graduation Song. Face à tant de monotonie, je m'enivre de ces petits morceaux pop-rock sucrés et juvéniles que ma copine Nouck et moi adorons et qui me rappellent tant ma seconde khâgne (glorieuse année). All the young dudes m'évoque ma découverte si tardive de Clueless et I'm gonna make you love me est à jamais associée à ce mois de mai 2006 intégralement passé à traquer Q. dans tous les recoins d'Aix, sous le regard bienveillant de mes copines. Un peu plus actuels, les Hoosiers ont eux aussi mes faveurs en ce mois d'avril, mais ils sont une exception dans mon humeur du moment. Je me sens en effet très vintage!
Pas plus tard que ce matin, en fouillant dans les placards de ma chambre d'enfance (adolescence serait plus juste, mais le terme est moins poignant) où j'espère toujours dénicher une pièce totalement cool, j'ai eu l'envie subite et impérieuse de remettre cette chemise en jean Levi's que mes parents, toujours à l'ouest, m'avaient offerte à l'époque où je ne jurais que par Diesel. Et c'est là que je suis pris en flagrant délit d'inculture modesque: la chemise en jean, de mémoire, est revenue en odeur de sainteté (j'ai vu ce connard de Zac Efron en porter une) mais faut-il qu'elle soit dépouillée ou tolère-t-on cette sérigraphie noire qui orne le dos de la mienne? Ca m'angoisse un peu parce que je me sens vraiment bien dans cette chemise. Presque viril! Dans le doute, je vais l'emmener à Reims mais il faut que je mène l'enquête.
Ce ne sont pourtant pas les bons magazines de mode masculine qui manquent depuis la sortie, mi-février, du trimestriel des gentlemen (ce qu’il n’est plus, s’agissant de la fréquence de parution du moins), GQ. L’Optimum, qui l’avait précédé de peu, a senti la menace et tenté une nouvelle maquette guère plus convaincante que la précédente et désespérément cheap face au papier glacé de CondéNast. Pour revenir à GQ, trois numéros sont parus à ce jour et bien qu'aucun ne m’ait fondamentalement déçu, j’attends pas mal de corrections et d’améliorations. Si les séries mode sont toujours irréprochables (choix des mannequins, des thèmes –OMG, je vais être so preppy cet été- et des vêtements), les rubriques culturelles du début m’ont fait tiquer. Pourquoi ressemblent-elles tant à celles de FHM ou Max (que je lisais, en 2004, entre Star Club et Elle, je vous jure) ? Pire, les pages ‘expression libre’ (en gros, celles où différents intervenants donnent leur avis sur un sujet de société), avec leur côté halluciné, m’ont rappelé la chronique de cet imbécile de Nicolas Rey dans FHM. Je me suis surpris à lire avec enthousiasme les interviews de Beigbeder, assez amusantes. J’ai même un respect nouveau, quoique modéré, pour l’énergumène -j’ignorais qu’il était à l’origine du Prix de Flore et qu’il était diplômé de ScPo Paris et du Celsa. Tout ça pour écrire 99 Francs ? Il y a des choses qui m’échappent. Oh, la rubrique de culture générale sur la mode et l’élégance est très plaisante à lire et gagnerait à être encore étoffée. J’étais au ski avec l’école quand j’ai appris que Vincent Cassel faisait la couverture du premier numéro : ce jour-là, j’ai planté mon bâton dans le dos de tous les enfants qui croisaient ma route (ils étaient nombreux, je ne vais pas très vite). Non mais sérieusement, je me dévoue pour tirer la charrette qu’on pourrait faire avec Cassel, Bellucci et, tant qu’on y est, Line Renaud. Ce mec est suant, dégueulasse et semble tromper tout le monde quant à son degré de branchitude. Malgré cela et vendu au prix de 1€, le magazine a trouvé 280, 000 acquéreurs. Pour le n°2, le choix d’Edouard Baer m’a semblé plus pertinent, voire plus courageux. Je veux dire, Baer est passé de mode depuis quelques années non ? Ce qui est d’ailleurs dommage, parce que j’aime beaucoup sa diction. En avril, catastrophe, gros plan sur Jean Dujardin. Il reste une place dans la charrette, Jean, Line va se tasser ! Je suis un peu sévère, mais ces critiques sont pleines de bonnes intentions. En l’état, GQ ne détrône pas, dans mon classement personnel, Vogue Hommes International –et la géniale chronique de Loïc Prigeant, tellement pas Vogue !- même si le positionnement des deux magazines est complètement différent. GQ se heurte en fait au manque de crédibilité d’un magazine tout neuf qui se veut hype mais est sans cesse devancé par Internet, ce qui n’est pas le cas de Dazed & Confused et consorts, qui, eux, génèrent la hype. Pourquoi devrais-je accorder de l’importance aux articles littéraires ou musicaux d’un mensuel généraliste quand je peux trouver mille fois plus pointu en quelques clics ? Je ne crois pas enfoncer des portes ouvertes en écrivant ceci. En matière de mode, c’est un peu différent : l’amateur a besoin de ces magazines et de la puissance des groupes qui les éditent pour pouvoir contempler les créations les plus rares, saison après saison. Un blog de mode, aussi complet soit-il, ne peut supplanter un bon photoshoot et, à l’inverse, les légendes indigentes de Vogue me laissent sur une faim assouvie par les descriptions imagées et accessibles de Géraldine Dormoy. J’en profite pour vous orienter vers cet article qui résume la nouvelle guerre des Anciens et des Modernes, j’entends les journalistes et les bloggeurs… Très éclairant ! Pour en finir avec la presse, voici l’interview donnée par Carine Roitfeld, ma reine, au New York Magazine. Cet entretien a fait couler beaucoup d’encre, non seulement parce que Carine, dans un anglais rudimentaire tout à fait délicieux, y lance quelques piques à Anna Wintour (‘I don’t think (the US fashion editors) take any risks’) mais aussi car il flirte de manière jouissive avec le politiquement correct. Carine a ainsi tenu à rectifier la rumeur selon laquelle elle pesait ses employées dans son bureau : grotesque, dit-elle ! Les filles de Vogue sont naturellement minces. J’adore ! J’adore encore plus lorsqu’elle lâche : ‘Maybe I have a talent’. You do, dear ! Mais ce que Carine gagne en subversion et en mystère, elle le perd en potentiel médiatique : trop déconcertante. Du coup, c’est Anna qui a droit aux honneurs d’un reportage sur Canal+, tout en humour et en détachement. Signé Anna ! n’apprend rien d’essentiel mais est une plongée délectable dans la vie de cette control freak fascinante.
Avec tout ça, j’ai eu peu de temps à consacrer aux bouquins. Je me suis fourvoyé dans une espèce de biographie romancée mais glaciale de ce peintre de la Renaissance, Lippi. L’auteur, Sophie Chauveau, ne démérite pas et tente de donner un sens philosophique à chaque événement de la vie de son héros, le tout dans un style emphatique et saccadé (ce que je ne supporte pas). Je mènerai cette lecture à son terme, bien évidemment, parce que certains aspects du roman sont intéressants, comme le rapport de l’artiste aux prostituées que j’ai toujours trouvées très émouvantes en littérature. Néanmoins, je risque de considérer avec plus de circonspection son autre livre, consacré à Botticelli. Il y a quelques semaines, j’ai lu l’étonnant L’Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde, que les critiques décrivent comme moins efficace que les tomes suivants –ça promet ! Enfin, j’ai dévoré Sexe & Dépendances de Stephen McCauley (plus connu pour L’Objet de mon Affection). J’ai un penchant très prononcé pour ces romans de mœurs sans prétention, pleins de névroses post-11 septembre et de personnages gentiment minables. Cet ouvrage, dépassionné, a violemment contrasté avec Les Hauts de Hurlevent que je venais de fermer. Wuthering Heights ! J’ai beau camper sur mes positions et préférer l’atmosphère oppressante de Rebecca, je ne peux nier que Les Hauts est autrement plus flamboyant, sans compter que la vie des sœurs Brontë (et de leur frère, qui aurait largement inspiré Emily) est captivante. Dans un autre genre, Gossip Girl sait aussi mettre mes nerfs à l’épreuve. J’ai lu le prequel de la saga dans le train, la semaine dernière, et ne l’ai achevé qu’encore plus impatient à l’idée de découvrir les nouveaux épisodes de la série, dès demain (OMFG !). Sans rire, les livres méritent plus de crédit que celui qui leur est généralement accordé. Tous les personnages, sans exception, s’ennuient profondément, à commencer par la seule et unique Serena van der Woodsen. Non pas que cette réflexion sur le divertissement et la vanité aille bien loin (elle n’est que suggérée), mais elle est bel et bien présente et Gossip Girl n’a rien de mignon ou de tendre. Ces romans sont cruels et amers, un ton que l’on ne retrouve que ponctuellement dans la série. Et c’est heureux, je crois. Dans les semaines à venir, j’ai prévu de lire (troisième tentative) L’élégance de ce foutu hérisson et, autant que faire se peut, des auteurs russes, en attendant de me mettre aux polonais. J’arriverai à Gdansk pétri de culture locale, plein de la violence et de la douleur de ce pays si longtemps déchiré. L’Europe de l’Est est, genre, tellement glamour !
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Fx
21:44 Publié dans bRItNey, C*u*l*t*u*r*e | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.04.2008
I'm back, I'm here and I'm beautiful!
Oui! Oui, je suis bien de retour et la nervosité que j'ai pu ressentir à l'idée de ce come-back se dissipe à la vue des larmes de gratitude que je vois couler sur vos visages incrédules. Eh oui! Comme les plus grands, j'ai connu une traversée du désert, une crise d'inspiration, un ralentissement de mon élan créatif-mais tout cela ne m'a rendu que plus fort! Tel le phénix aux plumes dorées -et auquel mes mèches blond foncé me font parfois penser-, d'un gracieux battement d'ailes, je prends un nouvel envol.
Ainsi soit-il.
Vous vous en doutez, il m'est arrivé des milliers de choses drôles, glamour et fabuleuses depuis mon dernier billet, ce serait bien trop long à raconter et à lire. Je me contenterai simplement de signaler que je ne suis pas devenu mannequin, égérie ou icône arty underground pendant ces deux mois, mais croyez bien que j'y travaille activement. Figurez-vous que j'ai eu l'idée saugrenue de facebooker ma journaliste préférée, qui rédige la rubrique en dernière page de Glamour et devinez quoi? Non seulement elle m'a accepté dans ses amis (wow!) mais en plus, elle a répondu à mon message d'admiration. Clairement TMTH! J'ai l'intime conviction que ce que l'on possède et ce que l'on donne l'impression d'être influent largement sur ce que l'on est effectivement. Soucieux d'être en accord avec mes principes, je me suis procuré cet incroyable petit eeePC d'Asus qui, non content d'être très accessible, est la chose la plus chouchou qu'on ait jamais vue (il contient un jeu Monsieur Patate!)! Il me suffit de le glisser prestement dans ma fidèle sacoche Paul Smith pour pouvoir accéder à Word en 25 secondes chrono et taper, où que ce soit, un nouveau paragraphe brillant, plein d'humour et d'esprit. Ma légende s'écrit désormais à chacun de mes pas! Mon seul souci avec cet ordinateur de poche, outre son clavier très compact, que mes long doigts fins ont du mal à apprivoiser, c'est ce petit smiley ravi en bas de l'écran dont j'ignore l'utilité. Il a l'air tellement bonhomme et sympathique que, par réflexe, je lui souris en retour dès que je l'aperçois (souvent, vu la taille de l'écran) ce qui nuit à ma productivité.
Bref, en cette semaine de vacances que je passe chez mes parents, je ne suis que sérénité. Cette histoire de papier d'assurances que j'ai oublié de renvoyer me tracasse, j'espère ne pas avoir à payer les réparations de ce foutu plafond -une histoire, ça aussi! Misère, vous m'auriez vu, un dimanche soir, contemplant impuissant l'eau qui s'écoulait sans vouloir cesser du plafond éventré de mon voisin du dessous (impotent et sourd, ce qui ne gâche rien, n'est-ce pas?). En toute sincérité, je ne suis pas fait pour ce genre de soucis. Appeler Axa, l'agence immobilière, le gérant, le syndic, moi je ne sais pas faire. Je bredouille dans le combiné, j'essaie d'obtenir des paroles rassurantes de personnes indifférentes qui me demandent l'origine et la nature de la fuite, voire le diamètre du tuyau incriminé. C'est ainsi que je vois le monde des adultes: tout un tas de formulaires ésotériques et de coups de fil angoissants. Moi, je vais rester jeune et gentiment irresponsable. Je chanterai à tue-tête I Wanna Be Your Boyfriend des Ramones dans mon nouveau polo Lacoste framboise jusqu'à ma mort!
Je disais donc: serein. J'ai même réussi à rester impassible lorsque ma grand-mère, Dieu la bénisse, m'a demandé des nouvelles de mon frère. Ma soeur unique a apprécié. Je suis en recherche frénétique de stage et, depuis une dizaine de jours, je m'y consacre avec un sérieux et une abnégation que j'étais loin d'avoir l'année dernière. Mais si, souvenez vous! Ce fichu stage opérationnel de deux mois, que j'ai trouvé, genre, le 25 juin pour le 1er juillet. Cette fois, c'est une mission de six mois dont j'ai besoin et la tâche est plus difficile dans la mesure où je cherche à décrocher un poste dans un grand groupe, histoire d'avoir une ligne marquante sur mon CV. J'ai serré les dents devant ces offres de stage en communication au Centre Pompidou ou à la Mairie de Paris pour lesquelles je n'étais visiblement pas qualifié mais je ne me suis pas découragé. Dior Couture, Baby Dior, Gallimard, CondéNast, HSBC, Deloitte, le Plaza Athénée ou encore le Ritz ont donc eu le plaisir de recevoir ma candidature, agrémentée d'une épouvantable photo d'identité où j'apparais échevelé et souriant de toutes mes dents mais que j'ai surtout copiée/collée à l'envers sur mon CV, bourde dont j'ai été informé par la DRH, hilare, d'une banque pourtant pas très funky. Autant se tirer une balle dans le pied! Immense satisfaction hier après-midi ceci dit, puisqu'un quotidien économique récemment racheté par LVMH m'a contacté en vue d'un poste d'assistant du Responsable des Conférences. De la comm', des intervenants de premier ordre, des textes à rédiger, la presse... C'est presque trop beau pour être vrai! L'entretien a lieu le 5 mai, je vous en dirai davantage à ce moment là! En guise de galop d'essai, j'aurai les deux autres entretiens que j'ai miraculeusement décrochés, et ce malgré des lettres de motivation bien molles (et ma photo à l'envers, souvenez vous). Le plus fou, c'est qu'il s'agira de mes premiers 'vrais' entretiens, puisque je n'ai jamais connu que des PME dont les procédures de recrutement, cordiales et brèves, contrastent avec celles, draconiennes, des entreprises que tous les étudiants convoitent. Avec mon sourire inamovible, mes yeux candides et ma manie de hocher la tête en permanence (un vrai Béni-Oui-Oui), je ne sais absolument pas me vendre, et moins encore parler de performance, d'initiatives ou de rendement d'un air convaincu. Je n'aurai pas non plus l'indécence de me plaindre, par égard pour tous mes semblables qu'aucun DRH ne rappelle.
...Ha ha! Bande de nazes! Who's the loser now, huh? Je plaisante, naturellement. Mes copains de l'école sont très chouettes, même s'ils me promettent toujours de venir aux conférences que j'aide à organiser et, en me faisant faux bond, me mettent dans l'embarras devant l'administration qui s'attend systématiquement à trouver un amphi comble. J'ai d'ailleurs revu deux de mes congénères à Marseille, hier, et c'était surréaliste de les retrouver ailleurs qu'à Reims, libérés de ses habitants tout de polyester vêtus et incapables de prononcer «Oui» autrement que «Ui». Il faudra, un jour, que je vous apprenne les bases du rémois. En attendant, lisez cette phrase à voix haute pour vous entraîner (n'oubliez pas: /oui/=/ui/): Au volant de ma Twingo, ce fut un vrai quizz: allais-je prendre un Twix ou un kiwi? Le Quick étant fermé, j'ai opté pour un Nesquik. Vu le succès des Ch'tis, je tiens sans doute un filon!
Incroyable mais vrai, je pars en Erasmus au premier semestre 2009. Je crois être le seul à m'en réjouir, hélas, mais je vais à Gdansk, en Pologne! Ce qui ne paie pas de mine, certes, mais vous vous mordrez les doigts en me revoyant revenir rayonnant, le teint illuminé par l'air vivifiant de la Baltique et la chevelure couleur d'ambre (une des principales ressources de la région du temps de la Hanse). De plus, c'est un pays très francophile, un peu comme la Russie, ce qui fera de moi un produit très convoité. Je réfléchis au positionnement que je me donnerai sur place. Plutôt Chanel (l'élégance inabordable et qui s'en vante) ou Hermès (la discrétion d'une griffe réservée à des happy few)? Lundi prochain, je commence un électif sur le marketing du champagne, ce sera l'occasion d'approfondir cette question. Je me vois bien Veuve Clicquot, n'étant pas assez bling pour prétendre à du Moët. Ce qui est très excitant, c'est que je serai à proximité de Moscou, St Pétersbourg, Helsinki, Berlin et de ces petits pays baltes qui m'ont l'air tellement chouchou. Vive les voyages en Europe de l'Est! Il est temps que je parte, de toute façon, j'ai brisé beaucoup trop de coeurs depuis le début de l'année et je commence à comprendre ces stars qui se plaignent de trop plaire ou d'être trop belles. Croyez-moi, c'est effectivement invivable! Même Q. m'envoie spontanément des messages maintenant! Je brûle cierge sur cierge pour qu'il se décide à accepter le stage qui lui a été proposé en Lettonie -son hétérosexualité m'a résisté en France, hors de question qu'elle ne cède pas dans un bouge de Riga, à quelques heures de ferry de Gdansk! Je sais, tout me réussit ces temps-ci! Sauf que je ne trouve toujours pas de petit sac de week-end (format 48H, je crois, Paul & Joe en font de très mignons), et j'aimerais vraiment éviter ma grosse valise défoncée pour mon séjour à Saint Malo, en juin. J'ai récemment réalisé que je ne connais rien de l'Ouest de la France, pas plus les châteaux de la Loire (ce qui craint) que la Normandie. J'en voudrai toujours à mes parents de nous avoir infligés, genre, cinq ans consécutifs de vacances rustiques en Dordogne. Je rouspète conte mes géniteurs surtout pour la forme -ils ont été très gentils avec moi cette semaine. Ma mère a certes perdu mon passeport et brisé mon flacon de parfum, mais elle m'a aussi offert ce costume Kenzo totalement fabuleux, alors... Costume qu'elle n'a d'ailleurs pas fini de me faire payer à grand renfort de regards humides et de soupirs, genre 'mère-courage, forte propension au sacrifice, pétrie de culture judéo-chrétienne, reste stoïque et digne face à l'indifférence de son fils ingrat'. Ma foi, ça lui passera.
Vous m'adorez, ne dites pas le contraire ;)
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Fx
23:26 Publié dans It's a wonderful wonderful life | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
27.01.2008
Music That You Wanna Hear
WOUHOU ! Britney a gagné le NRJ Music Award du Meilleur Album de l’année ! Cette victoire a donné lieu à un petit moment de flottement dans la salle, comme vous pouvez le voir ici. Castaldi n’en menait pas large, allant jusqu’à implorer « quelqu’un de la maison de disques » de venir chercher le trophée pour lequel Brit n’a même pas jugé utile d’enregistrer un petit mot. Bref, prix sans valeur pour une cérémonie d’opérette, mais je suis bien content d’avoir voté deux fois par jour (parfois un peu plus) depuis le 23 novembre. Ironiquement, Blackout est un immense flop pour l’instant en France (environ 35,000 exemplaires vendus), et je ne pense pas que cette victoire la fasse remonter très haut dans les classements. Ah, ces NRJ NMA ! Ils ont tout essayé pour rendre l’émission agréable : Ophélie Winter (l’atout glamour de TF1, j’imagine !), cet imbécile de Kavanagh, Arthur (c’était terrible) et, cette année, Benjamin. Je n’ai pas pu regarder la cérémonie en direct, faute de téléviseur, mais j’ai suivi son déroulement sur un forum, ce qui m’en a donné un aperçu plutôt intéressant. J’ai adoré la coiffure et le maquillage de Vanessa Paradis, mais à part ça, que s’est-il passé ? Elle nous a fait un Gimme More VMA bis, avec une interprétation sans micro (elle a au moins l’honnêteté d’assumer son playback) de Dès Qu’j’te Vois. Ca n’allait pas très fort non plus pour Rihanna qui, malgré son nouveau statut de superstar, se sent obligée d’écumer toutes les remises de prix quand bien même son album, Good Girl Gone Bad, bénéficie du succès de tous ses singles, que ce soit Umbrella –sur lequel je n’aurais jamais misé- ou Don’t Stop the Music dont elle a hier soir proposé une version lourdement remixée. Que de progrès en live, depuis ses inaudibles prestations de SOS l’an dernier ! Son enthousiasme et son sourire faisaient plaisir à voir, certes, mais sa tenue total pink, avec ce pantalon taille haute, ne flattaient pas sa silhouette. Quant à la coiffure, décidément, elle ne parviendra jamais à cacher son énorme front. Je salue la volonté de Kylie qui ne marche correctement qu’en Grande Bretagne et en Australie, mais qui s’échine à faire de la promotion en France où X a vite sombré. Contrairement aux autres chanteurs, elle a profité de l’occasion pour lancer son nouveau single In My Arms, auquel nous aurons droit en lieu et place du sautillant Wow, réservé au marché anglais. Bravo pour le live et la mise en scène gentillette, ça n’était pas évident avec un titre aussi quelconque. En revanche, la tenue, le make-up et la coiffure n’allaient pas du tout, loin s’en faut. Je suis très préoccupé par le visage de Kylie, tendu à bloc depuis Fever mais qui semble bouffi depuis son cancer.
Mais l’événement de la soirée, c’était la première du nouveau single de M. Pokora, Dangerous, produit par Timbaland. Je ne vous cache pas qu’en apprenant leur collaboration, il y a quelques mois, j’étais assez intrigué et, même, impressionné. Je le suis beaucoup moins depuis que j’ai entendu le morceau qui rappelle, dès les premières mesures, The Way I Are. Le beat n’est pas foncièrement déplaisant et il pourrait me plaire s’il ne plagiait pas tout ce que produit Timbo depuis juin 2006. La voix fluette et l’accent anglais à couper au couteau (est-ce qu’il dit « Better be careful » ou « Butter he cares for»?) de Pokora n’aident pas à faire décoller une chanson atrocement longue –environ cinq minutes- et dont les couplets ne se démarquent pas assez du refrain, assez plat. Je suis certain que MP n’est même pas entré en studio avec Timbaland, sa maison de disques a du lui acheter les maquettes ou travailler avec des membres de son équipe, qui s’émancipent de plus en plus (Danja, par exemple, qui a produit la moitié de l’album de Britney). Le même cas de figure s’est présenté l’an dernier quand Timbaland a relancé la carrière du chanteur russe pornstar-ish Dima Bilan, la différence étant que Number One Fan est un authentique tube. La prestation de Pokora était ambitieuse, avec de nombreux danseurs, des effets de lumière en veux-tu, en voilà, et la présence de Sebastian, le frère de Timbaland et accessoirement le rappeur le plus chouchou au monde-on dirait un Pokémon ! C’est tout juste s’il n’entre pas en scène en faisant une cabriole. Le problème, c’est que tout ça ressemblait à une version cheap du medley SexyBack/My Love de Justin aux MTV EMA 2006. C’est très facile de critiquer Pokora, mais ce serait mal venu de ma part, vu que j’écoute sans doute bien pire que ce qu’il fait. Il a l’air assez attentif aux techniques marketings des artistes américains, dont il imite les astuces comme, par exemple, mettre son nouveau titre « accidentellement » en ligne pendant quelques heures, histoire de créer un buzz avant le lancement officiel. Ses chorégraphies, relativement ardues, s’inspirent, encore une fois, de celles de Justin. Ce que je lui reproche, honnêtement, c’est de manquer à ce point de classe : ce jean à deux sous, ce veston (déboutonné !) so 2006, cette cravate argentée, ces sneakers grossiers, cette montre strassée… Rien ne va. Le pauvre souffre en plus de sa grande taille qui lui donne en permanence un air maladroit et dégingandé. Je ne lui souhaite pas spécialement de cartonner avec son nouvel album (le titre ? MP3 !) mais, apparemment, sa maison de disques a investi beaucoup d’argent, toutes proportions gardées, dans ce CD, il a donc tout intérêt à faire des ventes honorables (au moins 100,000 exemplaires).
Lundi dernier, en faisant mon habituelle tournée des sites musicaux, à l’affût des prochains tubes, j’ai téléchargé ce qui semblait être un énième morceau R&B timbaland-ish, interprété par une certaine Wynter Gordon qui présente la particularité de n’être ni issue d’'American Idol', ni du crew Timbaland. La chanson, Surveillance, commence innocemment par un beat déjà entendu et un couplet poussif, mais tout prend sens au moment du refrain. Les répétitions en fin de phrase (« All in my way-ay-ay-ay ») sont vouées à devenir les « Umbrella, ella, ella, ella » vieillissants de 2008. Je ne me lasse pas de m’extasier devant cet habile mélange de la simplicité de Umbrella et du côté salace/sexy de Gimme More. L’album est prévu pour juin, d’ici là vous pourrez écouter quatre autres titres, bien moins efficaces, sur la page MySpace de Wynter.
Le reste de ma playlist 'Janvier 2008' comprend Like You’ll Never See Me Again, deuxième single de As I Am d’Alicia Keys, colossal succès partout dans le monde (plus de quatre millions de copies écoulées), mais aussi Outta My Head (Ay Ya Ya) d’Ashlee Simpson. Ashlee, je la suis depuis ses débuts, en 2004 avec Pieces of Me. Beaucoup la rangent dans le même sac que Lindsay et Hilary, pourtant ses évidentes carences vocales lui donnent une personnalité que ses consœurs lui envient probablement. Outta My Head, single-teaser de son futur et troisième album, reste fidèle à ses racines pop-rock mais tente d’imiter le côté funky de Gwen Stefani. Le clip est, aux dires de Simpson, censé être influencé par Dali et le surréalisme en général. Vous voulez mon avis ? L’argent manquait, donc on a tenté de recouvrir ce bric-à-brac de scènes saugrenues d’un vernis artistique, hélas, la culture ne fait pas recette et la chanson est un échec aux USA. J’écoute beaucoup Boys Wanna Be Her, de Peaches, utilisé dans la saison 4 de The L Word lorsque Shane fait sa séance photos pour les sous-vêtements Hugo Boss. Je souffre de ne pas avoir de target à qui chanter I Wanna Be Your Boyfriend des Ramones, et je regrette que mes copines ne soient pas là pour danser sur Remi Nicole et son Rock’n’Roll. Mon nouvel iPod, fort de 80 Go de mémoire, m’a permis de redécouvrir toute ma discothèque en n’ayant plus à sélectionner les morceaux que j’y copierais. C’est ainsi que je me suis laissé surprendre par I’ll Remember (Madonna),Breakaway (Kelly Clarkson), Bloody Mother Fucking Asshole de Martha Wainwright et, plus proche de nous, par Wreck of the Day d’Anna Nalick. Quel dommage que je ne vive pas dans une série, ma bande originale est tellement bien huilée ! Prom’s night ? One in a Million de Miley Cyrus, monument de cheesiness. Trahison du boyfriend? Timbaland, encore, accompagné des One Republic (l’album est assez décevant) sur Apologize, que vous connaissez tous. Le BF en question se lancerait à ma poursuite au son de Happily Ever After, la chanson -que l'on entend dans le dernier épisode de Gossip Girl- produite par Ne-Yo pour Nicole Scherzinger qui, après l’échec de ses titres slutty, joue la carte de la diva. Rébellion contre l’autorité parentale ? Gotta Go My Own Way de Vanessa Hudgens et extrait de High School Musical 2, dont j’écoute le CD en boucle. On peut tous chanter ensemble, si vous voulez! La vidéo est quelques lignes plus bas, et voici les paroles. J’ai mis à profit le gros chèque-cadeau iTunes que j’ai reçu à Noël pour élever mon niveau musical. Je suis allé chercher du côté de PJ Harvey, Feist et Cat Power, et je n’ai pas résisté à la tentation d'acheter Fluorescent Adolescent des Arctic Monkeys, que je n’avais qu’en mauvaise qualité. Pour twister un peu et secouer la morosité rémoise qui suinte du plafond, j’ai pensé à Valerie (Mark Ronson/Amy Winehouse) et à Song 4 Mutya, gros succès outre-Manche du groupe Groove Armada, en featuring avec Mutya Buena, ex-Sugababes. Dans un style typiquement anglais, j’ai bien aimé Today the sun’s on us de Sophie Ellis-Bextor et surtout Soulmate, extrait du bide intersidéral de Natasha Bedingfield, N.B. L’album ressort d’ailleurs presque complètement remis à neuf sous le titre Pocketful of Sunshine. Côté français, rien de particulier, comme d’habitude, hormis Ce soir, c’est moi qui fais la fille de Vincent Baguian, ami et compositeur de Zazie. Je ne prête jamais attention aux paroles, donc peut-être s’agit-il d’un appel au transvestisme, en revanche la mélodie, dans un genre post Amélie Poulain, est très chouchou.
Dernier retour à 2007, pour vous conseiller quelques chansons dont je n’ai pas parlé au cours de l’année : Paralyze, l’étonnante ballade de Tila Tequila, sorte de mégère trash qui a de quoi refroidir les ardeurs de plus d’un prétendant ( !). Egalement assez slutty, Keri Hilson, protégée de Timbaland et censée sortir son album solo sous peu. Plusieurs démos sont disponibles sur Internet, de qualité inégale et Glamour Bitch (feat. Milano), sans être le tube du millénaire, m’accompagne souvent lorsque je choisis mes vêtements pour le lendemain. J’ai bien conscience de beaucoup trop parler des pouffiasses R&B, et je vais travailler là-dessus, laissez-moi seulement mentionner le duo Cupid/Christina Milian Do Your Dance, sublime dans sa fadeur. En cas de self-esteem crisis, ruez-vous sur This is why I’m hot, de Mims, dont le message simple et direct vous remontera le moral en moins de deux. Je me sens obligé de citer Kanye West (en duo avec T-Pain sur Good Life) qui, en devançant l’album de 50 Cent d’environ 300,000 exemplaires, lui a infligé l’humiliation de sa vie –bye, Fifty! J’associerai toujours mon été 2007 à Just Jack et aux Klaxons, que ce soit Golden Skans ou It’s Not Over Yet; quant à la rentrée, elle aura été marquée par Rush du Sud-Africain Dean Geyer. Je vous recommande chaudement l’album de Blake Lewis, Audio Daydream. Lewis est (encore) un ancien finaliste, demi-finaliste, peu importe d’'American Idol' et son disque, très pop, détonne un peu dans le paysage musical US.
Et parce qu'on ne rit jamais assez. Merci Céline!
Que serait ce blog sans un Britney flashnews ? La rubrique que le monde m’envie ! Commençons par un petit rappel made by Perez Hilton de son année 2007. Britney va bien. Je crois. Je suis pas sûr qu’elle sache elle-même, pauvrette. Je vous avais laissés sur sa crise de nerfs début janvier, quand elle s’était fait expulser manu militari de sa maison par la police parce qu’elle refusait de rendre ses enfants à K-Fed, qui semble tout faire pour décrocher le titre de Père de l’Année. Bastard ! Loin de se faire soigner, B. a repris son train-train quotidien, qui consiste à aller deux fois par jour au Starbucks, à faire ses courses et à voler des briquets dans les stations-service. Elle a battu son propre record de lositude en sortant récemment avec un paparazzi à l’œil torve et au cheveu graisseux, Adnan de son prénom, qui tente par tous les moyens de vendre des vidéos compromettantes mais, manque de bol, rien ne peut compromettre davantage B., du coup personne n’en veut. En revanche, le photoshoot –purement privé, à l’origine- de Britney avec ses fils a fait la une de la plupart des tabloïds et on notera facilement que Sean et Jayden n’ont pas l’air ravi. Poor things. Oh, elle a trouvé un moyen très sûr et surtout très élégant de démentir les rumeurs de grossesse- ATTENTION! En ce qui concerne sa carrière, ou ses lambeaux, Piece of Me fait son petit bonhomme de chemin dans les pays anglo-saxons (#1 en Irlande, #2 en Angleterre), c'est-à-dire là où les gens peuvent comprendre les paroles. Britney aurait été vue sortant du Millenium Studio, à L.A, où elle a répété une chorégraphie sur Hot as Ice, chanson étrange et vite agaçante que je n’espère pas voir choisie comme troisième single d’un album qui ne s’est guère vendu qu’à 1,6 millions d’exemplaire à ce jour (chiffre que le précédent avait mis trois semaines à atteindre). Une démo a récemment filtré, datant de 2005, quand Britney devait sortir The Original Doll (projet avorté). All That She Wants est une incommensurable bouse qui reprend le refrain de chanson du même nom, par Ace of Base. Je me raccroche au remix qu’a fait Mike Rizzo de Piece of Me et qui rend le titre un peu plus pêchu. J'ai trouvé, sur les forums de PopJustice, ce brillant plaidoyer pro-Spears qui a achevé de me convaincre: cette fille est un génie. En substance, voici les propos de l'internaute:
'Blackout is so advanced in style, content, production, promotion and performance. Just watching Britney on e-hollywood doing her town bender cruising with her car dipping into the pappz, sporting various wigs / uncouth hair extensions, her gas station powder room raids, and her sis having gotten knocked up and all that, Madonna just looks damn boring compared to it. I dunno, Britney just inspires me, I think it's time to get some wigs myself and act all loony, coz it's cool. I mean not to go out to clubs with it and all, that's too conformist. But just kicking up a fuss and making a spectacle when out shopping at Tescos or summat. Britney punctures through the boredom that we have come to believe should be daily reality. But we are just prisoners of our own repression to silly norms and "appropriate" behaviour at appropriate times and places. Blackout is a good soundtrack to that transcendental revolution.'
On sait tous que Brit est devenue une référence culturelle majeure, la preuve s'il en fallait avec le clin d'oeil que lui adresse Amanda d'Ugly Betty avant d'interpréter (non sans talent, comme le lui dit Mark: 'You're a great singer! Except for the voice') cette chanson, dédiée à son père disparu:
Pour conclure, je vous présente Raven Symone, ex-star d’une série de Disney Channel et dont j’ai découvert le premier disque cette année. La chanson éponyme, This is my time, est un beau et profond message d’optimisme, particulièrement adapté en ce début d’une année qui s’annonce faste.
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Fx
23:45 Publié dans bRItNey, C*u*l*t*u*r*e | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.01.2008
Reviews That You Wanna Read
Mon dernier post m’a laissé un goût d’inachevé. Même d’après mes standards, je le trouve inconsistant. Ew, j’ai davantage parlé de ma famille que de mes amis ?! De toute évidence, ma vie se vide de toute substance. Je n’ai plus rien à raconter, jusqu’à nouvel ordre. Tenez, aujourd’hui, à part allumer mes cigarettes sur mes plaques électriques parce que mon briquet a rendu l’âme, il ne m’est rien arrivé –mais je le vis bien. En toute logique, il ne me reste plus qu’à partager avec vous –déjà 119 personnes en 2008, call me Mister Popular !- mes récentes découvertes culturelles, et elles sont toujours nombreuses lorsque je séjourne un certain temps chez mes parents, et pour cause, vu le nombre d’activités et de distractions aux alentours.
Combien de fois déjà ai-je écrit que mon inculture cinématographique me ronge, surtout depuis que je fréquente des érudites en la matière ? Peu importe, je le répète, je le clame, je le hurle : je n’y connais rien et j’ai beau essayer, je reste à côté de la plaque. C’est très étrange parce qu’en musique ou en littérature, j’assume sans soucis mes goûts farfelus. Le problème est, je crois, que je ne me suis pas émancipé des Inrocks et des Cahiers (ni même de Télérama, à vrai dire), que mon père lit depuis des années et dont les critiques s’accordent peu avec mes inclinations naturelles (même si Lolita Malgré Moi avait eu droit à une critique bienveillante, quoique condescendante, dans les Inrocks). Bref, je charrie mes complexes de film en film, et cela s’est vérifié au gré des DVD que j’empruntais dans la collection paternelle. Par exemple, Le Vent se lève, malgré sa Palme d’Or, m’a terriblement gonflé. Bien sûr, bravo aux Irlandais pour leur bravoure et leur farouche volonté d’indépendance et tout et tout, mais, hélas pour eux, U2 leur a enlevés toute crédibilité à mes yeux. Et puis cette alternance quasi-systématique Irlandais violentés et humiliés/ Veuves éplorées est horripilante; à la limite, dans le genre, j’ai préféré Bloody Sunday, que j’avais vu quelques jours auparavant. L’influence de U2, maudits soient-ils, est certes perceptible jusque dans le titre mais il m’a semblé que ce film faisait davantage preuve de subtilité. Autre peuple persécuté : les Iraniens, tels que les présente Marjane Satrapi dans Persépolis. En toute franchise, c’est un film que j’ai plus écouté (pour les voix de Chiara et, surtout, de Catherine) que regardé… J’ai un problème récurrent avec ce genre de film qui clame « Attention ! Sous mes airs simplistes et naïfs, je véhicule un message politique ! » : attentif à ne pas manquer ledit message, je scrute l’écran très intensément pendant cinq minutes –la durée moyenne de ma concentration- avant de me tortiller sur mon fauteuil, de jouer avec le paquet vide de biscuits, bref, de sortir complètement de l’histoire. Lorsque je me décide à faire un effort pour m’y remettre, il est trop tard : j’ai tout raté. Voilà pourquoi je m’autorise parfois quelque chose de plus léger, comme Pieces of April, obscur film à l’humour assez noir avec Katie Holmes (pré-Tom Cruise) ou encore comme La Cité Interdite, avec Gong Li (surtout les seins de Gong Li en fait…fichtre !). On me l’avait décrit comme un film assez statique, mais c’est mal connaître le lien particulier que j’entretiens avec la Cité depuis mon adolescence et ces fantastiques jeux PC dont personne ne doit se souvenir : Versailles-Complot à la Cour du Roi Soleil ou, en l’occurrence,Chine-Intrigue dans la Cité Interdite. On y incarnait un petit prêtre qui devait arpenter, entre autres, les jardins de l’Impératrice Douairière ou les immenses esplanades séparant chacun des palais pour y dénicher des indices et résoudre Dieu sait quelle énigme vaseuse qui ne servait que de prétexte à une découverte de ces joyaux du patrimoine mondial. Je supplie Cryo Interactive de bien vouloir le rééditer pour que je puisse y jouer sous Vista –je ne comprends rien aux émulateurs- et, ainsi, finir le jeu que mes parents m’ont confisqué, inquiets de l’importance que j’y accordais (je suis resté prostré plusieurs jours après avoir découvert un cadavre, dans un passage secret sous un escalier). J’ai pris le temps de faire cette digression pour que vous compreniez que le peu d’action dans le film de Zhang Yimou ne m’a que peu importuné : c’était réjouissant et émouvant de revoir toutes ces pièces, ces foutues salles du trône que j’avais méticuleusement –et virtuellement- fouillées. Par ailleurs, la scène de bataille finale est incroyable et m’a renvoyé, elle aussi, à une autre de mes passions d’enfance : l’art militaire. Moi, qui sursaute au moindre pétard ! Toujours est-il que les armées perses fortes de cinq cent mille hommes me laissaient rêveur, quant à l’armée de Napoléon réunie pour la campagne de Russie, avec son million de soldats, elle me procurait un plaisir quasi-sexuel. Je n’ai donc pas caché ma joie devant les masses d’hommes lancées l’une contre l’autre et qui s’entrechoquaient gaiement sur mon écran. En revanche, si je peux me permettre, j’ai cru comprendre que l’acteur qui joue l’empereur est très estimé, mais moi je l’ai trouvé assez bidon, à rouler-bouler comme ça tout en hurlant avec ses poignards, sans aucun égard pour sa dignité impériale. Tout de même!
Je ne me suis pas attardé en Extrême Orient, c’est peu de le dire, en enchaînant avec Le Nouveau Monde. Parfait exemple du film où je ne vois pas la « beauté poétique » qui semble sauter aux yeux des critiques, tout poujadisme mis à part. De plus, moi, depuis sa sex-tape, lorsque je vois Colin Farrell, je pense « pénis énorme » et ça, ça vous ruine plus d’un chef d’œuvre. Bonne nouvelle : j’ai trouvé Jake Gyllenhall sympathique dans Zodiac –thriller qui m’a fait très peur, bouh- ce qui est une nette amélioration par rapport à Brokeback Mountain, où sa mort, bien que tardive, a été un vrai soulagement. La même chose est arrivée avec Luke Wilson et Gwyneth Paltrow, tandis que je regardais The Royal Tenenbaums. Le premier ne m’inspirait qu’indifférence et pâtissait de la tentative de suicide manquée de son frère Owen (j’ai jamais trouvé ça sexy, les TS ratées) et la seconde cumulait Chris Martin (Coldpl
ay+fibre écolo= le cauchemar) et un rôle dans Shakespeare In Love. Eh bien, dans ce film un peu étrange mais plutôt rigolo, tous les deux sont vraiment hots et ont un style assez canon, en particulier Gwyneth qui arbore un carré blond très strict, un regard over-smoky et des petites robes Lacoste so mimi. Bien plus glamour que cette pauvre Cate Blanchett qui agonise deux heures durant dans Babel (dont l’intérêt est très limité, puisque Brad ne tombe la chemise à aucun moment). C’est moi où la partie japonaise, avec la sourde qui se ballade sans culotte, est très artificiellement greffée aux deux autres ? Je n’ai pas eu le temps de me pencher sur la question à cause l’abîme de perplexité dans lequel m’a jeté le film de/avec Spike Lee, She Hate Me. Pour être exact, le film en lui-même m’a insupporté, à vouloir montrer –encore- les Noirs comme des gens ‘cools’ et ‘relax’, vision que je trouve finalement plus péjorative et post-colonialiste que flatteuse. Ce qui m’a laissé perplexe, c’est le fait que la jaquette mette en avant la participation de Monica Bellucci et de Jamel Debbouze : depuis quand ces deux losers sont-ils sont des arguments de vente ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’apportent rien à un film qui commence par dénoncer la corruption et dérive peu à peu vers une histoire farfelue de prostitution masculine qui n’en est pas vraiment, parce que le but est de féconder des lesbiennes et/ou célibattantes. Mouais.
Les Fous du Roi, avec Sean Penn, s’inscrit, lui aussi, dans cette mouvance du « On nous ment » mais il s’y tient jusqu’au bout. Je ne vous cache pas que j’ai fermé les yeux plus d’une fois mais les discours véhéments prononcés par cet homme politique du Sud à la trajectoire fulgurante m’ont épaté. Moi, j’aime bien Sean Penn. Tous ceux qui ont réussi à supporter Madonna ont droit à mon éternelle affection. Mais, en plus de ça, Mystic River et, plus récemment, Into the Wild m'ont vraiment enthousiasmé. J’ai vu le second la semaine dernière, dans le cadre de la soirée Cinéma organisée chaque mois par le BDA de l’école et, si l’ambiance décontractée est très chouette, elle nuit un peu à la concentr
ation. Or, là, Into the Wild a réduit tout le monde au silence…et pas parce qu’il est ennuyeux à mourir, mauvaises langues. Emile Hirsch, qui m’avait laissé de marbre dans le laborieux The Girl Next Door, est CANON dans ce film. Pour le comparer au meilleur comme au pire, il est à mi-chemin entre Chace Crawford (en moins propret et avec un regard plus vif) et Zac Efron (en plus masculin). Je l’ai vu en couverture de ce très chouette magazine, Mixte, et, avec son col déboutonné, il est parfait. Le brave Emile communique sa bonne humeur et sa fraîcheur à l’ensemble du film, de sorte que les plans à la Brokeback (à ce propos, RIP Heath!) sur les étendues sauvages de l’Alaska au son d’une flûte de pan (sans doute issue du commerce équitable) passent très bien. Allez, il y a bien quelques longueurs mais rien de grave. Je suis content pour Vince Vaughn qui joue avec un naturel suspect ce gros cul-terreux planteur de maïs. Into the Wild a clairement flatté ma corde se
nsible, celle qui, sous l’anticerne et les cheveux brillants, m’incite à ne plus me raser et à garder le même jean puis à m’enfuir vers des terres sauvages, genre l’arrière-pays de Reims ! En attendant de trouver le courage nécessaire à mon expédition (et d’apprendre à jouer de la guitare, parce que l’aventure ne se conçoit pas sans une guitare et un vieux carnet de voyage tout usé), je perfectionne mon style négligé le week-end. Aujourd’hui, par exemple, je marche sur mon jean trop long (et très taille basse, on peut être grunge et sexy), mon t-shirt froissé me gratte à l’encolure et je serre nerveusement ma clope entre les dents pendant que j’écris. Ouh, fumée dans l’œil. Aïe, ça pique. Alerte !
Ok, je ne suis pas encore prêt pour la vie sauvage. Soit. Mais ça ne m’empêche pas d’en rêver ! Est-ce que vous vous souvenez de cet ours brun qui manque de dévorer Emile, alors que celui-ci, famélique, cherche quelque chose à manger ? Je suis resté pétrifié ! Vous vous doutiez qu’un ours c’était aussi…gros ?! Et ça n’a pas l’air aimable.
Encore une fois, je constate mon ignorance des choses de la nature –et, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, Le Caïman ne m’a pas appris beaucoup à ce sujet. Petite plaisanterie faussement naïve pour introduire le film de Nanni Moretti, bien sûr, qui gagnait probablement à être vu au moment de sa sortie, quand les élections italiennes battaient leur plein. Ca m’a quand même beaucoup plu, là n’est pas la question, mais je ne sais pas pourquoi je m’attendais à quelque chose d’un peu plus…mordant. Les scènes de complicité père/fils, le divorce… ne servent pas trop le propos et m’ont même rappelé Benigni, avec, je le martèle, toutes les réserves que m’impose mon inculture cinématographique. Je n’avais jamais rien vu de Moretti, j’ai donc peur de faire des conclusions un peu hâtives… aussi vais-je m’arrêter là. Je passerai tout aussi rapidement sur Last Days. En fait, je prévoyais de le regarder depuis sa sortie en DVD, il y a donc bien deux ans. Mais une intuition perfide me retenait à chaque fois que j’empoignais le boîtier, ce qui m’a conduit à m’intéresser d’abord à la bande originale (j’étais curieux d’entendre les morceaux interprétés par Michael Pitt). La semaine dernière, j’ai laissé s’exprimer l’homme qui est en moi (il est tout petit) et, d’un geste très affirmé, j’ai glissé le disque dans mon lecteur, en me répétant qu’après m’être tant dit que ce film devait être chloroformant, j’allais forcément le trouver fantastique. Vous allez rire, mais non, j’avais vu juste. Je me faisais une joie de voir Asia Argento, dont j’aime autant le prénom que le tempérament, mais la caméra semblait hypnotisée par Michael/Kurt, prostré (dans sa chambre, en jupe, dans la forêt…), et qui m’a seulement fait rire lorsqu’il reçoit, hagard, un représentant des postes. Vous connaissez mon souci de bien faire : j’avais lu toutes les critiques possibles et une multitude d’avis d’internautes, et j’avais l’intention, moi aussi, d’admirer et d’être ému par cette réflexion poétique sur le temps qui passe. Mais je n’y arrive pas.
Préoccupé par mon insensibilité, et en plein déni, je me suis dit que les films français me toucheraient davantage. Chauvinisme absurde et mis en pièces par les trois longues heures de Lady Chatterley, dont je n’ai cependant pas que du mal à dire. Lady et moi, nous nous sommes ratés, si j’ose dire. Mon horizon d’attente était erroné, je pensais bêtement me délecter de la romance impossible entre une jeune aristocrate anglaise du XVIIIème siècle et son garde-chasse, fruste mais touchant dans sa simplicité. C’était bien vu de ma part pour le côté aristo, que l’époux handicapé de l'héroïne incarne bien. Pour le reste, j'avais tout faux. L’histoire se déroule au début du XXème siècle, soit une époque marquée par les apports de la Révolution Industrielle, apports qui, à mon sens, vont beaucoup mieux aux bourgeois qu’aux nobles. Bref, j’étais mal à l’aise. Le garde-chasse est un infâme croque-mitaine, aux dents même pas blanches et qui se met tout nu beaucoup trop souvent, même si c’est pour culbuter la Chatterley sur le sol rugueux de sa cabane. Je déteste ces films qui ne me font pas rêver alors qu’ils devraient, je me sens trahi. De ce point de vue là, Fauteuils d’Orchestre, de Danièle Thompson, présentait moins de risques. Je suppose qu’intrinsèquement, il ne vaut pas grand-chose, mais je trouve ces films au casting A++ tout à fait réjouissants-Embrassez qui vous voudrez est une référence ! Dans Fauteuils…, la découverte de Christopher Thompson, que je soupçonne toutefois d’être un faux-beau (il est un peu chauve), a compensé la présence plutôt pesante de Cécile de France, à laquelle je ne me ferai décidément jamais. Je mentirais si je n’avouais pas que, bien que n’y connaissant rien, qu’il soit classique ou contemporain, j’ai savouré cette plongée dans les hauts (et moins hauts) lieux du théâtre parisien. D’ailleurs, je consigne depuis plusieurs mois tous les restaurants, brasseries ou cafés devenus légendaires, et je n’ose toujours pas y aller, de peur de m’en voir refuser l’accès par une force étrange, qui ne m’en jugerait pas digne. Ridicule, hein ? Et je ne parle pas des incontournables, genre Café de Flore, bien trop connus pour que je puisse me les approprier. Je pense plutôt à des adresses moins fameuses mais qui, du coup, ont mieux su conserver la trace de leurs prestigieux clients. C’est un peu ma prochaine étape dans ma conquête méthodique de Paris. Une de mes amies, même si elle y a toujours vécu, prend chaque dimanche une ligne de bus différente et la parcourt jusqu’à son terminus. Elle affirme découvrir des quartiers toutes les semaines. Une idée très chouette ! C’est d’ailleurs poussé par la nostalgie, en partie, que j’ai eu envie de regarder ce film au nom on ne peut plus évocateur : Le Pont des Arts. D’après ce que j’ai lu, plus d’un spectateur a été déconcerté par ses grands airs khâgneux et la diction merveilleusement exagérée des acteurs. On peut trouver ça affecté et totalement inadapté aux conversations usuelles, mais se forcer à prononcer les liaisons et à ne pas omettre les négations est un exercice intellectuel prenant, auquel je me risque peu pour ne pas me ridiculiser ou me maniérer davantage encore. Natasha Régnier et son physique délicat se fondent bien dans ce film, qui mêle la gravité sublime et empesée de Monteverdi à l’agaçante désinvolture de l’étudiant en philo qui n’en fout pas une. Certains dialogues sont un peu difficiles à suivre, mais je suppose que le problème vient de moi –j’ai toujours eu du mal à tenir la cadence dans un débat très conceptuel, et des esprits rompus à ce genre d’échanges devraient y trouver leur compte. Pour autant, je n’ai pas vraiment pris tout ça au sérieux. Podalydès, inquiétant mais génial en concertiste implacable, apporte une touche humoristique suffisamment souvent pour que le Pont des Arts ne soit une vaste farce pédante. J’ai pris un plaisir équivalent devant Comment je me suis disputé (Ma vie sexuelle), que j’ai abordé avec mon appréhension habituelle des films qui vont solliciter ma réflexion. Cette remarque va sembler incongrue, tant il y a à dire sur le film de Desplechin, mais je suis totalement fan d’Amalric, plutôt bien foutu (cf. la scène de la piscine, yummy !) et toujours prêt à balancer une phrase bien tournée et bien prononcée. J’adore la façon dont il articule, de même qu’Emmanuelle Devos m’excite follement à force de se rendre insupportable (elle avait suscité chez moi la même réaction épidermique dans Rois & Reines). Oh, l’espèce de chargée de cours complètement barrée est hilarante aussi ! Mais enfin, qui a dit que les Normaliens étaient chiants comme la pluie ?
Evitez Ils se marièrent (et eurent beaucoup d’enfants), la comédie de mœurs d’Yvan Attal où il joue aux côtés de Charlotte, d’ailleurs. J’ai beaucoup d’affection pour Charlotte, et pas mal d’admiration aussi-être encore vue comme une personnalité (un peu) underground après deux films avec Chabat (trois au total, mais La Science des Rêves ne compte pas), c’est une gageure. Son album ne m’a pas marqué, mais The Songs That We Sing était un single efficace où l’on entendait le délicieux accent de Charlotte. A ce propos, est-ce vous saviez que c’est elle qui prononce les quelques phrases que l’on entend au tout début de What It Feels Like For a Girl, de Madonna ? Cette introduction est absolument géniale. Pour en revenir au film, c’est un navet, vulgaire et pas drôle, que je me suis fait fort d’oublier en regardant immédiatement après 5X2, d’Ozon, dont il ne me reste plus que Les Amants Criminels et Angel à voir. Premier constat, et je ne reviendrai pas dessus : je ne supporte pas Valeria Bruni-Tesdeschi. Deuxième constat : quel film décevant. D’un réalisateur aussi reconnu, j’attends un peu plus qu’une histoire d’amour classique montée à l’envers et dont on ne nous montre même pas les moments marquants. Très frustrant, dans la mesure où Le Temps qui reste compte au nombre de mes films préférés. J’ai visiblement joué de malchance, puisque la même déconvenue m’attendait chez Téchiné, qui m’avait conquis avec Les Roseaux Sauvages (Frédéric Gorny, tellement sous-estimé !). Les Témoins a fait l’unanimité autour de lui ; beaucoup de critiques louaient sa « simplicité évidente ». C’est, je crois, ce qui m’a le plus dérangé dans ce film qui accumule les anachronismes. Emmanuelle Béart avait l’air tellement exaspéré d’être là, j’en étais presque désolé pour elle, mais j’avais déjà épuisé tous mes stocks de compassion avec Michel Blanc, improbable médecin homosexuel qui s’enamoure de Johan Libéreau, repéré dans Douches Froides. C’est drôle, mais je trouve que le rôle de jeune éphèbe va mal à Libéreau. Son sourire est trop carnassier pour qu’on puisse s’attendrir de la candeur de son regard.
Permettez-moi de conclure sur Les Amants Réguliers, que j’ai enfin trouvé le courage de regarder alors qu’il faisait partie des « films intimidants ». J’y suis entré avec une décontraction feinte, mais qui m’a permis de ne pas paniquer lorsque j’ai commencé à m’ennuyer. Ennui qui n’a pas duré, parce que je suis tombé progressivement amoureux de Louis Garrel. Mais pour de vrai ! J’ai même passé une heure à faire des captures d’écran dont voici, plus bas, quelques échantillons… Admirez avec quelle classe il porte cette chemise fatiguée et trop grande! Et ces cheveux, j'en rêve! Ah ! Louis ! Je suis tombé à la renverse lorsqu’il éconduit le policier venu le réquisitionner pour le service militaire : «Je ne signe pas de papier, et je ne viens pas avec vous, Monsieur le Gendarme ». Pur instant de grâce. Etonnamment, avant Les Amants, je reconnaissais volontiers son talent mais je restais rétif aux charmes auxquels ma copine Nouckette avait succombés il y a déjà belle lurette. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, remarquez. En revanche, honte, oui, HONTE à Clotilde Hesme qui a compromis un si bon début de carrière en allant se fourvoyer dans Le Fils de l’Epicier (ce nom !). Peu importe, ce qui compte, à présent, c’est que je file voir Actrices pour retrouver Louis.










